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Le Centre CIMA existe pour venir en aide aux enfants des rues de Lima, la capitale du Pérou. Il prend tout son sens si l’on s’attache à comprendre qui sont ces enfants des rues, ce qui les a menés dans les rues et ce qu’ils y font avant leur arrivée au CIMA.

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Petit détour par l’essentiel… ou d’où viennent les enfants du CIMA ?
Pourquoi des enfants dans la rue?

Le Pérou, pays fantastique qui oscille entre mythe et réalité. Une culture si riche et une nature si grandiose et préservée… Une réalité qui peuple les catalogues de voyage et nos photos touristiques mais qui n’en cache pas moins une disparité sociale à l’origine du phénomène de l’abandon d’enfants dans les rues anonymes d’une gigantesque capitale.

 

Malheureusement, le Pérou, c’est aussi une réalité économique que les chiffres trahissent cruellement : en 2006 plus d'un Péruvien sur deux vit avec moins de deux dollars par jour et presque un Péruvien sur 4 vit avec moins d'un dollar par jour. Une part croissante  de la population (en 2007, 1/3 de la population a moins de 14 ans)  est épuisée par les privations, la rudesse de la vie et le sous emploi dans les campagnes et décide de quitter les Andes pour chercher des moyens d’existence à la périphérie de Lima, la capitale.
La "grande ville" représente un éden prometteur où l'on migre pour trouver un emploi mais qui ne réalise que très rarement le rêve de ceux qui ont quitté la campagne pour s'y établir, engendrant des situations sanitaires et sociales très précaires.
Ainsi, à Lima vivent près de 9 millions de personnes (soit un tiers de la population totale du pays). La surpopulation est à l'origine d'une précarité de logements terrible et de problèmes sanitaires et sociaux dramatiques. Chaque année, les collines avoisinant la capitale abritent de plus en plus d'installations de fortune, les "quartiers jeunes". Les "maisons" n’ont ni eau courante, ni toilettes, et beaucoup n’ont pas la lumière et l'eau s’achète au prix fort à un camion-citerne.
Les situations familiales de ces populations sont parfois dramatiques. Beaucoup sombrent dans le cercle vicieux de l’alcoolisme, les violences familiales, la prostitution, la toxicomanie et la criminalité. La violence domestique est très répandue.  Le sous-emploi conduit les familles à faire travailler leurs enfants qui entrent dans l'univers de la rue, ou bien  ces derniers fuguent de leur propre gré car la misère sociale crée des tensions et des maltraitances au sein de la famille qui conduisent les enfants à fuir leur foyer (violence, pauvreté, familles recomposées…) pour trouver refuge dans la rue, loin de chez eux. Certains reniflent de la colle pour s’étourdir. Regroupés dans différentes zones de Lima, parfois dans les égouts, dans des conditions d’hygiène déplorables, ils vivent de petits larcins qui leurs permettent de se nourrir, mais surtout de se procurer de la drogue, et tentent ainsi de s'échapper et d'oublier leur détresse. Ils se cachent de la police qui effectue régulièrement des rafles (les "batidas") et les chassent du centre ville.

Rien n’est plus fragile alors que la vie de ces enfants, rejetés par la société, blessés dans leur estime d’eux-mêmes, affaiblis par les maladies et la dépendance à la drogue. On évalue à environ 400 000 le nombre des enfants des rues à Lima en 2007. De nombreux parents sont eux-mêmes submergés par la misère, comme anesthésiés et incapables de faire face à cette situation. Ils attendent passivement un avenir meilleur. La lutte quotidienne pour survivre mine le sentiment de propre valeur de ces enfants défavorisés. Ils se résignent et ne croient pas pouvoir changer leur situation.

 

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Qu’est-ce que le CIMA, rapide retour aux sources

Le Centre d’Intégration des Mineurs en Abandon (CIMA) est une association civile péruvienne, à but non lucratif, enregistrée conformément à la loi. Elle a été créée par Jean-Louis Lebel, un professeur de sport canadien, en 1989,  pour offrir une alternative aux enfants qui vivent dans les rues de Lima.

Jean-Louis Lebel, fondateur du CIMA

Les ruines qui entourent le CIMA
Installé tout d’abord dans le centre ville de Lima et ne permettant qu’un accueil de jour aux enfants, le CIMA a progressivement acquis la confiance des Péruviens et de fondations internationales et s’est ouvert à un plus vaste public d’enfants.
Dorénavant, le centre est installé sur un terrain de 12 000 m2 au milieu des ruines archéologiques, entouré de montagnes.

Qui sont les enfants du CIMA, comment arrivent-ils là ?

La grande majorité des petits pensionnaires du CIMA sont directement issus de la rue. Quelques enfants toutefois sont envoyés par le tribunal ou les familles elles-mêmes.

Qu’est–ce qu’un enfant des rues ?
L’enfant de la rue est un enfant qui vit, dort, et qui cherche son environnement social dans la rue. Cet enfant qui rompt ses liens familiaux se retrouve donc sans affection et démuni de toutes les nécessités  vitales.
L’enfant abandonne son foyer pour les motifs suivants :

  • Mauvais traitements, alcoolisme au sein de la famille, ressources économiques insuffisantes, manque d’espace dans la maison, absence prolongée des parents durant la journée (irresponsabilité et indifférence parentales).

En vivant dans la rue, l’enfant est exposé à de nombreux dangers qui compromettent son intégrité physique, morale et empêchent son développement normal. 
Les problèmes que doivent affronter les enfants de la rue sont les suivants :

  • Le vol (on leur vole leurs affaires, ils apprennent à voler en groupe)
  • L’inhalation de colle forte (terokal), de coca ou autres substances hallucinogènes
  • La mauvaise alimentation
  • Les maladies
  • Batailles de rue
  • Manque d’éducation et d’hygiène
  • Le froid
  • Les abus physiques et sexuels

Les mineurs manifestent des problèmes en ce qui concerne leur développement émotionnel et psychique dû à un manque d’attention, de motivation et d’affection. Beaucoup d’enfants se comportent mal face à l’autorité, sont agressifs, hostiles et rebelles.

Les enfants du CIMA ont un passé et nous devons le connaître pour nous intégrer à leur histoire et les intégrer à notre projet.


Le pont qui relie le CIMA au centre
de Cieneguilla

Les enfants arrivent au CIMA par leurs propres moyens et de leur propre volonté. Le Cima est connu des enfants des rues de « bouche à oreille » car tous dans la rue connaissent un frère, un  compagnon de larcin ou un rival qui s’est réinséré au CIMA. Le fondateur du Centre, Jean-Louis Lebel, fréquente par ailleurs chaque vendredi soir les enfants dans les rues afin de leur parler du CIMA et de leur proposer d’autres alternatives que la rue.

Le Cima, où et comment travaille-t-on avec un tel public ?

Les principes fondateurs du CIMA :
Comme nous l’avons évoqué, il va sans dire que les enfants désireux de se réintégrer dans la société  entrent volontairement au centre.
Cima propose une réhabilitation à partir des besoins de chaque enfant et un des principes fondateurs du centre consiste à donner de l’amour sans condition  à tous afin que chaque enfant qui arrive au centre se sente et se sache aimé.
Dès son arrivée, le mineur est immergé dans un groupe avec lequel il partage son quotidien, et devient lui-même acteur de son programme de réinsertion suite aux  entretiens qu’il aura eus auprès de l’assistante sociale et du psychologue.
Il arrive que certains mineurs abandonnent le programme mais le CIMA leur offre la possibilité de le réintégrer de nouveau plus tard s’ils s’en expliquent.
La philosophie du fondateur met en évidence que l’enfant a autant besoin d’affection que de discipline pour résoudre ses problèmes ce qui amène à établir un dialogue permanent avec les garçons.
Tous les efforts du CIMA consistent à inculquer de nouveau aux garçons -dont le quotidien dans la rue n’était qu’oisiveté et larcins-  de nouvelles valeurs liées au travail. Pour se faire, il est établi que tous participent aux tâches de nettoyage, aux travaux collectifs, et aux programmes d’études théoriques et techniques sur mesure que leur offre l’institution. Une telle intégration par le travail vise à augmenter l’estime de soi et des autres des mineurs pour  leur permettre de faciliter leur intégration.

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Le CIMA, localisation, fonctionnement

La localisation du CIMA


Eloignée du centre ville (environ une heure), la localisation dans un district écologique de Lima -Cieneguilla- du CIMA permet aux enfants de rompre avec le rythme et l’ambiance de leur vie dans la rue et de s’initier aux activités de pleine nature. La capacité d’accueil du centre permet d’héberger 90 garçons de 8 à 18 ans.

 

 

Le personnel du CIMA

Fondateur :
Jean-Louis Lebel
Directeur :
Mario Lopez
Coordinatrice : Raquel
Secrétaire :
Anna Crabble Lozano
3 psychologues chargés des enfants et de la réinsertion familiale
13 tuteurs accompagnent le quotidien des enfants dans les pavillons.
Comptable : Sandra
Comptable : Elsa
Assistantes sociales : Julia et Elisa
Couture : Julia
Claudia, la cuisinière
Felix, le cuisinier

 

L’équipe enseignante

Le professeur de musique
Un professeur de technique
Un professeur de technique
Mais aussi : un professeur de menuiserie, un professeur de sérigraphie, un professeur de dessin, un professeur d’agriculture-apiculture, un professeur de couture, un professeur de sport.

Le budget mensuel de fonctionnement du CIMA (entretien des locaux, nourriture et habillement des 90 enfants, frais de scolarités, frais médicaux, salaires du personnel (etc) avoisine les 15 000 US Dollars. L’association Ayud’art participe pour l’heure à hauteur de 1000 Dollars par mois aux frais engagés selon les projets élaborés, les financements recueillis  et les volontaires disponibles . L’état péruvien vient en aide au CIMA au travers de quelques dons de nourriture mais le centre doit trouver chaque mois l’argent nécessaire pour couvrir ses besoins et permettre cela…

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La philosophie…ou quelques principes fondateurs de tous ceux qui travaillent aux côtés des enfants du CIMA :

  • Gagner la confiance de l’enfant en lui offrant une attention soutenue pour parvenir ensuite à modifier sa conduite.
  • Satisfaire les besoins de première nécessité : affection, logement, alimentation, santé, éducation.
  • Faciliter les relations entre les enfants par le biais d’activités sportives et artistiques.
  • Etablir des contacts avec le monde du travail (programme d’apprentissage) pour que le mineur puisse apprendre un métier.


La pratique ou comment se déroule une journée d’un enfant au CIMA :

Chaque jour de la semaine, les enfants se réveillent à 5h30, ils font leur lit, se douchent – eau froide, réveil garanti-, rangent leur pavillon et se rendent à la réunion matinale où tous sont réunis pour évoquer les activités du jour, faire le bilan de la veille, présenter les nouveaux arrivants ou les nouveaux volontaires,  prier ou lire un texte, chanter l’hymne du CIMA, fêter les anniversaires.

Les garçons rejoignent ensuite leur pavillon où ils prennent tous ensemble leur petit-déjeuner. Ils se brossent les dents –surveillance accrue des tuteurs, gare aux fraudeurs-. Vers 7h20 ils préparent leurs affaires d’école et prennent le chemin du collège à pied (les pensionnaires du CIMA sont scolarisés dans 3 établissements dans le périmètre du CIMA). Chacun suit alors des cours adaptés à son niveau scolaire dans un établissement public d’Etat où le port de l’uniforme est obligatoire.

De retour de l’école vers  14h les garçons se changent, déjeunent et participent chaque après-midi à deux ateliers au sein du CIMA parmi ces activités  :

travail du fer
travail du bois
agriculture et apiculture
cours de musique
art ou manualités
sport

 

Les enfants qui suivent une mise à niveau scolaire et qui ne fréquentent pas l’école le matin ou ceux qui sont scolarisés l’après-midi participent à tour de rôle aux tâches collectives le matin comme la préparation de la cuisine.

 

Le soir, les enfants font leurs devoirs, dînent dans leur pavillon et, selon la disponibilité des volontaires et des tuteurs, peuvent jouer à des jeux de table s’initier à l’informatique ou faire d’interminables et épuisants tournois de foot.

Chaque jour de la semaine est conçu selon le même modèle. Les week-end, ceux dont les résultats scolaires et le comportement ont été jugés satisfaisants durant la semaine peuvent se rendre chez des membres de leur famille (parfois une grand-mère ou une tante). Pour les autres, des activités sont organisées au CIMA ou dans les environs comme de belles randonnés avec pique-nique.


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Les plus beaux sourires du monde, des chiffres qui donnent plus encore que de l’espoir, la fierté d’un travail bien fait (plus de 75 % des enfants qui passent par le CIMA trouvent la voie de la réinsertion scolaire et sociale dans la société), des projets formidables qui voient le jour (ouverture par exemple en septembre 2006 de la résidence  Estudi’art- cousine d’Ayud’art qui permet aux jeunes du CIMA qui obtiennent de bons résultats scolaires de poursuivre des études supérieures), le bilan plus que positif de CIMA depuis sa création n’est plus à faire .
L’idée et l’énergie fondatrice d’un homme, Jean-Louis Lebel, a permis cela. Rejoint par toute son équipe ensuite, CIMA a pris le chemin et la force qu’on lui connaît maintenant.
Reste à  écrire pour demain la suite de cette belle fable qui commençait pourtant si mal au milieu de ces rues sordides pour les enfants qui ont eu la chance de rejoindre le CIMA,  et c’est tous ensemble que nous pouvons y œuvrer dès aujourd’hui.

Retrouvez le CIMA sur son site internet : www.cimahope.org

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